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Emmanuelle Clément : portrait de la Championne du Monde de side-car 2022


Elle s’appelle Emmanuelle Clément, elle est Française et vient d’être sacrée Championne du Monde de Side-car. De ses débuts en 2015 à son titre de 2022, cette talentueuse passagère qui force le respect de tous sur la piste vous raconte tout, juste ici👇

Fille Au Guidon : « Bonjour Emmanuelle, vous venez de remporter avec ton co-équipier, Tod Ellis, les Championnats du Monde de Side-car. Peux-tu nous raconter comment le side-car est arrivé dans ta vie ?

Emmanuelle Clément : « C’est une histoire de famille. Mes parents se sont connus dans le milieu de la course de côte moto et j’ai été baignée dans ce milieu depuis que je suis née. Mon père roulait et roule encore en moto (Yamaha TZ 250) puis mon frère s’y est mis aussi. On ne partait pas en vacances mais on partait plutôt avec le fourgon et la caravane en weekend course de cote…. j’ai vécu ça pendant 20 ans donc j’ai eu le temps de voir défiler des motos.

Mes parents n’avaient pas assez de budget pour faire rouler mon frère et moi, du coup je prenais du plaisir à aller les voir rouler et à côté de ça je faisais de la gymnastique en compétition l’hiver. Lors des courses de côte, il y avait également une catégorie sidecar que j’ai toujours admirée car c’était quelque chose de différent et spectaculaire. Il y avait une passagère (Laetitia PetitJean) qui a été championne de France il me semble bien et à l’époque quand tu es gamine ça te marque tout ça.

En grandissant, j’avais de plus en plus envie de vivre cette passion pour la moto et le sidecar. On voyageait à travers l’Europe (pour le Championnat d’Europe de Course de côte) et la France. On se fait plein de connaissances ainsi, et surtout dans ce milieu là qui est comme une grande famille. En 2015, le Champion de France de course de côte Side-car, qui est un très bon ami (Olivier Dichamp) me dit “ Si tu veux à la course de cote de Villers sous Chalamont, tu feras les essais libres avec moi”. Moi, j ai bien sûr accepté car j’avais trop envie d’essayer le side-car. Stressée bien entendu mais trop heureuse et tout s’est bien passé. »

Emmanuelle Clément et Tod Ellis

Fille Au Guidon : « Comment décrirais-tu cette première expérience ? »

Emmanuelle Clément: « Les premières impressions je dirais qu’il ne faut surtout pas lâcher les poignées. La force centrifuge est énorme surtout si tu n’es pas au bon endroit au bon moment. L’impression de vitesse aussi car tu es au ras du sol… bref j’ai plus qu’adoré et, à peine la course finie, je voulais déjà recommencer. A cette époque j’avais 19 ans et pour s’initier j’ai juste demandé conseils à des passagers que je connaissais en course de côte. »

Fille Au Guidon : « Tu démarre donc le side-car en 2015, nous sommes en 2022 et tu es Championne du Monde, comment en es-tu arrivée là? »

Emmanuelle Clément :  » Après 2015, un pilote (Jerome Autajon) faisant la saison de course de côte n’avait pas de passager pour 2016. Du coup, première demande de ma carrière et j’ai accepté. On a finit 3ème du Championnat de France de course de côte.

Par la suite j’ai rencontré (en fréquentant les circuits, endurance moto,..etc) un passager (Kevin Rousseau), Champion de France Sidecar Superbike. Il est devenu mon petit ami pendant 5ans. Il roulait avec Sébastien Delannoy, multiple Champion de France de side-car. A l’époque,en 2017, Kevin participait au Championnat de France et au Mondial mais avec un autre pilote. Suite à un clash de dates j’ai dû le remplacer sur une course de championnat de France à Pau Arnos.

Ensuite, malheureusement, lors de la première course de Championnat de France à Nogaro, Sébastien et Kevin se sont crashés et Kevin s’est cassé le poignet. J’ai donc dû sauter dans le panier plutot que prévu. Ce même weekend j’ai remporté mes deux premières courses avec Sébastien.

Et ainsi de suite, en remportant des courses, des pilotes te demandent pour être leur passagère et tu évolues.

Emmanuelle Clément et Tod Ellis
📸 : Gary French

En 2021, je devais rouler avec Bennie Streuer (Champion du Monde 2015), nos premiers essais se sont très bien déroulés mais lors d’un test en Allemagne nous nous sommes crashés à environ 200km/h en ligne droite, une pièce à cassée à l’avant et avons pris le mur de coté. Moi je me suis éjectée du sidecar en faisant pleins de roulés boulés et sans blessures, malheureusement mon pilote, lui, c’était cassé deux vertèbres. Du coup le début de saison pour nous allait être bien repoussé. Le Mondial attaque toujours au Mans en même temps que les 24h motos. Mais en 2021 en raison du Covid, ils avaient repoussé l’évènement au mois de juin; toujours pas bon pour nous puisque Bennie ne serait pas rétablis avant Juillet.

Suite à la situation sanitaire, pour être en règle, les anglais devaient venir une semaine avant la course du Mans aux alentours du circuit afin de s’isoler. C’était la première saison de Todd Ellis. Todd est anglais et a 28 ans. Il a commencé le sidecar en 2017 et est très vite devenu Champion d’Angleterre, un pure talent. On s’est connu en 2020 sur une course en Allemagne, il avait un autre passager (Charlie Richardson) à l’époque et moi je roulais avec un autre pilote (Pekka Paivarinta, finlandais, 5 fois champion du Monde)en Championnat du Monde. Il tenait absolument à être Au Mans pour la première course de la saison. Il ne voulait certainement pas rater ça. Malheureusement, son passager ne pouvait pas venir aussi tôt au Mans et donc ne pouvait participer pas à la course. Comme j’étais disponible et que je vivais au Mans à l’époque avec Kevin, Todd m’a demandé en urgence si je voulais rouler avec lui. J’étais pas chaude chaude car je ne le connaissais pas trop et j’avais jamais roulé avec lui, mais un autre pilote m’a poussé à accepter.

Arrivés au circuit, nous avions des essais privés le mercredi et Todd voulait d’entrée de jeu parcourir la distance de la course pour savoir si cela allait aller. Revenus de la séance,…. j’avais le sourire jusqu’aux oreilles et j’avais envie d’une seule chose… y retourner.

📸 : Gary French

Après toutes ces années, j’avais enfin trouvé MON PILOTE.

En plus de cela, le weekend a été plus que parfait puisque nous décrochons nos deux premiers podiums de mondial en finissant troisièmes et seconds. A la fin du weekend, Todd vient me voir et me demande “ Tu fais quoi en 2022, as tu un contrat avec quelqu’un, ou tu serais prête à faire la saison avec moi” et là, ni une ni deux, je lui dis que je veux absolument faire la saison 2022 avec lui et le pacte est signé par une poignée de mains….mais la question suivante était, est ce que son passager va pouvoir faire le reste de la saison 2021 et moi est ce que je vais vouloir continuer avec Bennie?

Course suivante en Hongrie, j’étais présente pour aider Kevin et son pilote, mais je n’attendais qu’une chose c’était de pouvoir rouler. Après les essais libres, le passager de Todd n’était pas en capacité de faire la distance de la course, du coup Todd est venu me demander si je voulais finir le weekend avec et lui mais également la saison 2021.., ce fut un grand OUI !!! Bennie a pu retrouver un passager pour faire la saison et Todd et moi avons fini 2021 en Vice Champions du Monde…. TOP Voila notre belle rencontre….La vie est tellement belle et pleine de surprises, une saison mal commencée pour moi mais pour mieux se finir.

Emmanuelle Clément

Lorsque nous avons commencé ensenble avec Todd en 2021, on s’etait dit: cette année on apprend et l’année prochaine on gagne. Tout au long de 2021 nous avons appris de nos concurrents, ce qui nous manquait pour réussir et nous avons donc travaillé tous les wekends d’hiver et également en semaine pour ameliorer tout ça et dès les premiers tests en mars en 2022, nous nous sentions confortable sur le sidecar.

Puis dès que la saison 2022 a commencé, ce fut un travail sans relâche car l’on va de course en course, il faut preparer la machine pour être sûr de la fiabilité, tout vérifier,… plus tout ce qui va avec, l’organisation des trajets àtravers l’europe, conduire le fourgon, faire la mécanique ensemble, au final on est presque 24h sur 24 ensemble donc il faut bien s’entendre. Après tellement d’efforts et de travail, la dernière course de l’année est la plus stressante car on devient paranoiaque et on vérifie tout de A a Z…. tout se passe bien comme tout long de l’année et le Titre de Champion du Monde 2022 est à nous!!

Emmanuelle Clément et Tod Ellis Champions du Monde Side Car 2022

Un titre, C’est un travail constant, pas de vacances, tous nos weekends sont dédiés au sidecar, je m’entraine physiquement presque tous les jours pour rester en forme sur le sidecar; et après l’obtention du titre, nous avons juste pris une semaine tranquile et c’est reparti à fond dans la preparation 2023. Le sidecar est en pièces, on essaye de l’optimiser encore plus car il y a encore beaucoup à faire, puis la recherche de sponsors, l’organisation de remerciements… etc ça n’en finit jamais mais c’est ce que l’on aime aussi. C’est plus qu’une Passion.

Fille Au Guidon :  » N’as-tu jamais eu envie de devenir pilote de side-car? »

Emmanuelle Clément : « J’ai essayé de piloter une fois mais juste sur une journée roulage. C’était assez drôle, spécial mais très intéressant, du fait que le sélecteur est à droite et que tu n’as qu’une pédale de frein àgauche pour contrôler les trois roues. Et le gabarit aussi, pas évident à savoir où il faut mettre tes roues… J’aimerais essayer de piloter à nouveau mais j’adore être passagère, la prise de risque et le fait de bouger et faire bouger le sidecar.

Mon pilote, c’est lui qui contrôle. Il dirige le sidecar, prend les trajectoires, ouvre les gaz et freines quand il veut. Pour lui c’est presque comme s’il conduisait une moto mais à genoux.

Moi mon rôle c’est de faire tourner le sidecar à grande vitesse, répartir mon poids de façon à mettre du grip, mettre le centre de gravité le plus bas possible pour plus d’adhérence mais également de bouger au bon moment pour faire tourner de façon la plus efficace possible le sidecar.

L’importance du duo est que l’on ne peut pas se parler quand on est sur le sidecar. Donc moi il faut que je sois dans sa tête, anticiper en pensant à ce que lui pourrait penser au moment de doubler ou d’autres actions et lui il faut qu’il gère sa course en m’oubliant, c’est la meilleure façon pour un pilote d’être à 100% concentré dans la course. Un bon passager ne doit pas se faire sentir.

C’est beaucoup de confiance mais aussi d’échanges en dehors de la piste. Quand on fait de la mécanique, on est également à 100% et on communique beaucoup sur ce que l’on pourrait ameliorer. »

Fille Au Guidon : « Imagines-tu rouler maintenant avec quelqu’un d autre ? »

Emmanuelle Clément :  » Au jour d’aujourd’hui, Todd et moi sommes ensemble sur le sidecar mais également dans la vie privée. Tout fonctionne parfaitement et notre duo est solide. Je ne me vois absolument pas rouler avec quelqu’un d’autre, j’adore son pilotage, c’est un pur talent, et toute notre cohésion, ce que l’on a construit ensemble, notre histoire…je veux que l’on continue de l’écrire ensemble. C’est MON PILOTE 🙂


Fille Au Guidon : Et si ce pilote était une femme ? »

Emmanuelle Clément :  » Pourquoi pas, tant que l’on a pas essayé on ne peut pas savoir. Il est très rare de trouver des femmes pilotes, l’une des meilleures pour moi est Estelle Leblond, elle a fait le Tourist Trophy plusieurs fois et finit dans le top 15 facile.

Il serait top d’avoir plus de femmes pilotes, dans le side-car. Ça a toujours éte un sport d’hommes et pas des plus jeunes, il faut être une battante. Personne ne fait de cadeaux donc pour piloter un sidecar et aller au contact il en faut dans la culotte. J’ai appris beaucoup dans ce sport au cours des années, pour se faire sa place il faut être très respectueux mais également prouver qu’une femme peut également le faire.

Les pilotes sont agressifs sur la piste et prêts à ne rien lacher. Homme ou femme, il faut se battre jusqu’au bout, la argne, la rage de battre les autres pilotes et montrer qui est le meilleur. »

Fille Au Guidon : « Quels conseils donnerais-tu aux filles qui veulent découvrir cette discipline ? »

Emmanuelle Clément :  » Pour découvrir le sidecar, l’idéal c’est d’être plongé dedans (amis, famille,..) sinon, il faut se rendre sur les journées roulages sidecar. Il y en a très peu mais c’est là que vous allez découvrir le mieux et rencontrer des personnes qui vont pouvoir vous aider. Ou encore aller voir carrément des compétitions en France pour se rendre compte du déroulement d’une vaie course. Il n’y a pas d’école de sidecar, c’est beaucoup de bouche à oreille ou de rencontres qui font les occasions. Il ne faut donc pas hésiter à contacter les personnes si c’est quelque chose que vous voulez vraiment essayer. »

Fille Au Guidon : « Quels sont vos projets pour 2023 ? »

Emmanuelle Clément :  » 2023.. on y est déjà, on faisait partis du Team Santander Salt mené par Roger Body (Team anglais) qui était également le promoteur du Championnat du Monde, malheureusement il a decidé de se retirer du Championnat et également de cloturer le team. Nos projets sont donc de refaire le Mondial et défendre notre titre face à la rude concurrence, de faire quelques courses en Angleterre et aussi sur route tel qu’Imatra en Finlande. Il nous faut donc pour cela trouver le budget, donc les sponsors et continuer notre travail sans relâche pour pouvoir monter notre propre structure. »

Un grand merci à toi Emmanuelle pour cet interview. Nous vous souhaitons à tous les deux de trouver bien vite vos sponsors 2023 et un max de bonheur sur la piste et le reste 😉✌️💋

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Margaux Wanham : retour en Championnat pour 2023

On l’a vu briller tant en vitesse qu’en endurance ses dernières années, après une année de transition qui lui a permis d’appréhender tant sa nouvelle moto que sa nouvelle vie, Margaux Wanham #52 se prépare pour un retour en Coupe de France en 2023.

Fille Au Guidon : « Bonjour Margaux, 2022 aura été une année charnière dans ta vie de pilote et de femme, tu nous racontes ? « 

Margaux Wanham : « Cette année était une reprise en compétition après quelques années d’arrêt suite à l’arrivée de mon petit garçon. J’avais pu reprendre les entraînements l’année passée afin de me remettre en selle et découvrir ma Yamaha R1. L’objectif cette saison était de reprendre du rythme, et de me faire plaisir car il faut dire que cette adrénaline m’avait sacrément manqué !

Margaux Wanham – Anneau du Rhin – 📸 Wj-22

Je n’ai pas pu faire un championnat complet car pour des raisons familiales, je ne pouvais pas m’absenter durant autant de temps et partir aussi loin. J’ai du coup choisi de mixer deux championnats afin d’effectuer des courses sur des circuits proches de la maison. Ainsi, j’ai effectué 2 courses en Ultimate Cup en catégorie Hypersport (Magny-Cours et l’Anneau-du-Rhin), 3 courses en Promosport 1000 (Magny-Cours, l’Anneau-du-Rhin et Carole), ainsi que les 24h du Mans en Mondial d’Endurance. J’ai souvent terminé dans le top 15 ou top 10 dans toutes ces courses de vitesse, en étant la seule pilote féminine. De plus, j’ai réalisé des chronos très satisfaisants. J’ai beaucoup appris de ma Yamaha cette année, et j’en suis très contente.

Margaux Wanham – Maman Pilote

J’ai aussi découvert cette année la vie de circuit en tant que maman, avec un petit bonhomme à s’occuper. Déjà que les week-ends sont en général très chargé, je peux vous dire que ce n’est pas de tout repos… Heureusement que les mamies ont été présentes pour nous donner un petit coup de main ! Mais le fait de pouvoir partager cette passion en famille est juste génial.

Margaux Wanham – Formatrice moto Riding Sensation

Par ailleurs, j’ai aussi pu valider ma formation pour devenir instructrice moto sur circuit. J’ai pu travailler cette année aux côtés de Riding-Sensation et CL Racing, organisateurs de journées de roulage. Un travail très enrichissant que j’apprécie énormément.

Fille Au Guidon : « Que nous prépares-tu pour 2023 ? »

Margaux Wanham : « Pour 2023, je repars avec ma Yamaha R1 pour un championnat complet, je pense en Promosport 1000. Je mets de côté le Mondial d’Endurance. Après 7 courses de 24h (4 x 24h du Mans et 3 x Bol d’Or) que j’ai eu la chance de toutes terminées, je n’ai plus la même motivation à payer (souvent très cher) pour pouvoir participer. Car oui, c’est souvent en fonction du budget que les pilotes sont choisis, et cela devient décevant. Mais je n’ai aucun regret et reste tout de même ouverte et à l’écoute de nouvelles opportunités. Et je porterai avec grand plaisir à nouveau les couleurs de Fille Au Guidon pour ma nouvelle saison !! »

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Audrey Messager : « Osez, n’ayez pas peur de vouloir vous lancer en moto sur circuit »

Audrey Messager fait partie de la team pilotes Fille Au Guidon depuis 2021. Elle a passé beaucoup de temps sur les circuits enfant en suivant son père et puis, l’année dernière, elle s’est lancée. Elle vous fait partager sa première expérience en compétition et ses projets pour 2022

Fille Au Guidon : « Bonjour Audrey, ta saison 2021 fut ta première année en compétition moto. Peux tu nous raconter comment tu as vécu cette première saison ? »

Audrey Messager : « 2021 fût une année de découverte en Coupe de France Promosport 500 Cup puisque c’était ma première année de compétition. J’ai pu découvrir et surtout, énormément apprendre ! En effet, je connais les paddocks, les circuits et la vie qui s’y déroule depuis que je suis petite mais d’y rouler, d’y participer en tant que pilote est autre chose 😝. J’ai eu la chance de pouvoir faire 3 courses sur 8 au championnat où sincèrement, je commençais mal (et oui 😲) puisque je chute en course 1 à Nogaro. L’objectif en course 2 était donc clair : terminer la course, je termine donc P14. Ensuite, je découvre la compétition sous la pluie où je me sens très à l’aise (peut-être mon point fort ? 😝) puisque je termine P10 en course 1 au Mans puis je termine en course 2 P18 sur le sec sur 25 concurrents aux 2 courses. Direction Magny-cours, circuit que je ne connaissais pas du tout, les débuts sont compliqué puisque je termine 26ème sur 32 sur le sec puis de nouveau sous la pluie en course 2 où je termine 12ème sur 32. Mon style de pilotage se précise petit à petit sous la pluie et je m’y sens de plus en plus à l’aise. Désormais place à 2022 ! »

Audrey Messager : Coupe Promosport 2021

Fille Au Guidon : « Quels sont tes projets pour 2022 du coup ? »

Audrey Messager : « Pour 2022, je repars en Coupe de France Promosport 500 Cup. Qui dit 2ème année dit plus de courses et donc de meilleurs objectifs ! En effet, je participerai à 5 courses minimum (peut-être une 6ème) sur 8 manches proposées. Mon objectif est de faire un top 15 à chaque course sur le sec et un top 10 sur le mouillé. Il est fort probable également que je participe à l’endurance de 6h au Vigeant en fin d’année avec mon frère, tous les 2 sur des 500 CB.

Fille Au Guidon : « Joli programme en effet pour une deuxième saison 😁 Comment t’y prépares-tu ? »

Audrey Messager : « J’ai commencé début décembre par me faire opérer pour la 2ème fois du genou (ligaments croisés puis cette année ménisectomie), je suis donc à fond dans ma rééducation avec kinésithérapie tous les jours, renforment musculaire, piscine puis depuis quelques jours VTT. A ce jour, seuls ces sports me sont autorisé. Début février, je devrais pouvoir reprendre la course à pied. Je vais également être suivi par un coach mental, cela devrait également commencer début février. Autrement, dès début mars, j’attaque les entraînements sur la piste, notamment au Mans puisque j’y habite à 1h. 😝 »

Fille Au Guidon : « Nous te soutenons depuis l’année dernière. Comment vis-tu ce partenariat avec Fille Au Guidon ? »

Audrey Messager : « J’ai eu la chance d’avoir une réponse positive de Sandrine Denoual pour le renouvellement de mon partenariat avec la marque Fille Au Guidon. Ce sera donc la 2ème année consécutive en 2022 que je fais partie de la Team FAG et j’en suis sincèrement très ravie. Les autocollants sont déjà posés sur la moto 😝 En plus de pouvoir faire partie de cette Team FAG, Sandrine est d’une gentillesse remarquable et bien évidemment….. (suspens) j’adore tous les vêtements 😝 Je mets très souvent mon sweat FAG 😝 Ma copine me le pique même très (trop 😊) souvent. 😝

Fille Au Guidon : « Merci à toi pour ce retour ☺️ Quel message aimerais-tu passer aux FAG (Filles Au Guidon) »

Audrey Messager : « Dans un premier temps, j’ai un mot : MERCI ❤ Merci pour tous vos achats, qui permettent de promouvoir partout en France la marque Fille Au Guidon et donc de pouvoir ensuite nous soutenir.

Ensuite, j’ai un second mot : OSEZ !

Osez, n’ayez pas peur de vouloir vous lancer sur circuit. Cela coûte quoi d’essayer ? juste d’avoir une moto, un casque, un blouson, un pantalon, des gants et de bonnes chaussures (tout cela quand même 😝) Vous pourrez même rajouter le sticker FAG sur votre garde-boue ! Sincèrement, foncez, n’ayez pas peur de ce monde encore très masculin mais qui grâce à vous, se féminise de plus en plus ❤ Ce serait avec plaisir si vous voulez un coup de main pour débuter ou si vous avez n’importe quelle question qui vous trotte dans la tête 😝. Je peux même vous prêter une paire de gants ou encore un casque, ou même une combinaison (oui oui 😝). Alors : MERCI A VOUS & FONCEZ 😝 »

Un grand merci à Audrey pour cet interview et à vous toutes et tous qui nous soutenez.

La collection 2022 Fille Au Guidon arrivera bientôt chez nos revendeurs. L’occasion de vous faire et de leur faire plaisir ✌️🏍❤️

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Amandine Creusot : « en 2022, je vais me faire violence.»

Amandine Creusot est la dernière pilote moto Française à avoir intégré le team pilote Fille Au Guidon cette saison. Engagée en Championnat de France d’endurance aux côtés de son compagnon, elle a décroché le titre en catégorie « à la Française ». Elle roule aussi en Championnat du Monde dans le Team 202 de la Police Nationale. Pour vous elle revient sur sa saison 2021 et vous dévoile son programme pour 2022. accrochez-vous ça va décoiffer 😜

Crédits Photo : Amandine Creusot

Fille Au Guidon : « Bonjour Amandine, la saison moto 2021 vient de s’achever, peux-tu nous raconter comment tu l’as vécu ? »

Amandine Creusot : « Cette saison a été pour moi très riche en émotions. Ca a été de loin la saison la plus difficile que j’ai faite car beaucoup de pression pour aller chercher la victoire à la fin du championnat. J’étais engagée en championnat de France d’endurance dans un équipage a la française (une seule moto) au côté de Gabin Bruyat qui est également mon conjoint dans la vie de tous les jours.
Beaucoup de problèmes mécaniques qu’il a fallu géré sur place et se dépatouiller avec pas grande chose, des heures de mécaniques pendant les week ends de course …
Notre équipe de mécaniciens bénévoles en a bavé: Sur le papier ils étaient là pour faire des pressions de pneus, changer des roues, et mettre de l’essence … mais rien ne s’est passé comme on l’avait prévu et à chaque course on a du faire face a des galères.
Malgré tout, on a tenu le cap, et malgré les déboires nous avons toujours réussi a sauver de précieux points et même … monter sur le podium de notre catégorie.
Toute l’année nous avons été en tête du championnat dans notre catégorie, et nous avions même une belle 3ème place au scratch à mi saison.
A la dernière course, nous étions 3ème du classement général à 2h de la fin … et le titre nous tendait les bras. Enfin une course qui se passait « comme sur des roulettes » !!
Mais visiblement c’était trop beau pour durer, et une série de 3 pannes mécaniques s’est enchainée pour nous faire dégringoler à la 35ème place.
A ce moment, sur le papier tout est perdu et le titre s’envole, sauf qu’en endurance rien n’est joué jusqu’au passage du damier, et il peut aussi arriver des galères à nos concurrents … ce qui est arrivé, et nous récupérons le titre à 30 secondes de la fin !!! Une course incroyable ou l’ensemble de l’équipe s’est battue jusqu’au bout. Nos apprentis mécaniciens ont eu le privilège pendant cette saison d’apprendre des tas de chose : changement de poly, échappement, faisceaux électrique, dépose moteur, capteurs en tout genre, étriers … bref il sont maintenant rodés 🙂

En championnat du monde d’endurance, les 24 heures du mans se sont très bien passés avec une belle météo et un beau résultat à l’issue des 24 heures de course. Le bol d’or a été compliqué mais ca a commencé dès les essais pré bol avec une chute et une panne électronique. J’ai manqué de roulage sur ces deux jours d’essais et malheureusement les galères ont continué la semaine du bol d’or ce qui nous a fait perdre une journée d’essai … et ca m’a porté préjudice moi qui suit une vrai diesel.
Gros coup au moral quand je vois le damier et que je sais pertinemment qu’il me manque 1 sec pour être qualif. Grosse remise en question également, ce qui me fait changer mes objectifs de la saison 2022. »

Crédits Photo : Amandine Creusot

Fille Au Guidon : « Que nous prépares-tu pour 2022 ? »

Amandine Creusot : « Et bien … je continue en championnat du monde d’endurance au côté du team 202.
Par contre en national je décide de me faire violence, et je repars en vitesse afin de retrouver du rythme plus rapidement. 10 ans que je n’ai pas fait de vitesse car je n’affectionne pas forcènement les courses courtes et surtout … je suis mauvaise dans cette discipline.
Mais c’est un beau challenge pour me permettre d’être plus compétitive en mondial d’endurance. Du coup : ce sera du FSBK en 1000 et de l’hypersport en ultimate cup. »

Fille Au Guidon : « Comment t’y prépares-tu pendant l’inter saison ? »

Amandine Creusot : « ski de fond, snowboard, CrossFit, moto trial, vélo … le cocktail idéal pour être au top au mois de février pour les premiers essais en Espagne. »

Crédits Photo : Amandine Creusot

Fille Au Guidon : « Fille Au Guidon te soutient depuis ce début d’année, comment vis-tu ce partenariat ? »

Amandine Creusot : « Je suis ravie de rouler sous les couleurs de Fille Au Guidon et j’espère motiver les petites nenettes à faire de la compétition. »

Fille Au Guidon : « Quel message souhaiterais-tu passer à toutes les femmes qui portent nos vêtements et qui participent ainsi à soutenir les pilotes moto Françaises ? »

Amandine Creusot : « UN ENORME MERCI A VOUS LES FILLES, DE NOUS SOUTENIR ET DE NOUS AIDER A PRATIQUER LA MOTO EN COMPETITION A « HAUT NIVEAU » »

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Margaux Wanham 2022 : retour à la compétition

Depuis 2013, Margaux Wanham écume les circuits. Championne de France Women’s Cup en 2018, pilote d’endurance aux multiples participations au Bol d’or et 24 heures du Mans, elle roule vite et fort. Après une année de transition, elle retourne à la compétition. Interview exclusive pour Fille Au Guidon

Fille Au Guidon : « Bonjour Margaux, l’année 2021 aura été une année de transition pour toi, peux tu nous raconter ce que tu as fait ces derniers mois ? »

Margaux Wanham : « Bonjour Sandrine, ces derniers mois ont été assez rock’n’roll pour moi ! Que de changements…
J’ai repris les entraînements moto sur piste en juillet après 1 an d’arrêt, je devais me remettre dans le rythme et surtout m’adapter à ma nouvelle moto. J’ai pu faire de belles journées de roulage et les chronos sont vite revenus, j’ai maintenant hâte de reprendre la compétition pour continuer l’apprentissage de cette nouvelle YAMAHA R1 avec cette adrénaline qui me manque tant !
Au niveau professionnel, je suis actuellement en reconversion. Comme je vous l’avais déjà annoncé, j’ai démissionné de mon job d’infirmière et je suis actuellement en formation depuis début novembre pour obtenir mon CQP INITIATEUR MOTO. Celui-ci me permettra de pouvoir coacher les pilotes amateurs sur circuit. Nous avons également déménagé de Haute-Savoie pour retrouver mon département d’origine en Haute-Marne. Parallèlement à tout ça, je m’occupe aussi de mon petit Robin qui a bientôt 8 mois 😉 »

Fille Au Guidon : « Quel programme as-tu prévu pour la saison 2022 ? »

Margaux Wanham : « Comme prévu, je reprends la compétition 🙂 Je ferai quelques courses en 1000 Promosport et aussi en Ultimate Cup. J’espère aussi repartir en Mondial d’Endurance, en tout cas pour les 24h du Mans.
Par ailleurs, je travaillerais aussi pour différents organisateurs de journées de roulage afin de coacher les pilotes sur piste dès le mois d’avril. Vous en saurez plus très prochainement 😉 »

Fille Au Guidon : « Comment t’y prépares-tu pendant l’inter saison ? »

Margaux Wanham : « Je vais me préparer physiquement de manière plus intense durant la période hivernale afin d’être au top pour la reprise. Je ferais aussi un peu de moto-cross. Puis, durant ma formation, nous nous exerçons aussi avec des engins à moteurs (cross, trial, quad et vitesse).
Je suis également en recherche de sponsors financiers afin de me soutenir dans mes projets sportifs. »

Fille Au Guidon : « Fille Au Guidon te soutient depuis bientôt 2 ans, comment vies-tu ce partenariat ? »

Margaux Wanham : « J’apprécie faire partie de cette communauté qui regroupe les féminines dans cette même passion de la moto, et ce, peu importe la manière dont elle est pratiquée. Je remercie Fille au Guidon pour sa confiance et son fidèle soutien. Les femmes sont de plus en plus nombreuses à franchir le cap de passer le permis ou à lancer en piste, la pratique de la moto au féminin évolue. Nous observons de plus en plus en plus de femmes sur les routes ou sur les paddocks motos, les femmes osent et ont leur mot à dire. »

Fille Au Guidon : « Quels messages souhaiterais-tu passer à toutes les femmes qui portent nos vêtements et qui participent ainsi à soutenir les pilotes moto Françaises ? »

Margaux Wanham : « Je vous remercie car c’est grâce à vous toutes, que nous pouvons être soutenue par la marque Fille Au Guidon pour pratiquer notre sport en compétition, une discipline très onéreuse qui ne serait pas réalisable sans l’aide de partenaires et sponsors. Puis, Fille au Guidon aide les talents de demain, les jeunes espoirs de la moto française comme Justine Pedemonte ou Lucie Boudesseul qui je pense iront loin 😉 »

Fille Au Guidon : « un grand merci Margaux pour cette interview et ce témoignage. Soutenir les femmes pilotes moto Françaises fait partie de l’ADN de la marque depuis sa création en 2019. C’est en étant confrontée d’un côté au manque de vêtements et d accessoires dédiées aux femmes en deux-roues et de l’autre aux difficultés des pilotes moto femmes de trouver des sponsors que m’est venue l’idée de faire d’une pierre deux coups : proposer aux motardes des articles développés spécifiquement pour elles et, grâce aux ventes, soutenir les pilotes professionnelles. Depuis 2019, comme toutes les entreprises, nous avons été confrontées à de multiples difficultés mais on n’a pas lâché. Aujourd’hui la communauté Fille Au Guidon c est 8000 motardes qui développent et animent la marque via le groupe FaceBook FilleS Au Guidon, 40 qui organisent des événements partout en France, 10 qui animent les réseaux et organisent expéditions et livraisons, 22 boutiques spécialisées qui distribuent nos articles aux 4 coins de l’hexagone, 3 commerciaux qui les visitent et 7 pilotes moto Françaises qui bénéficient de notre soutien. On a encore beaucoup de chemin à parcourir pour être présentes partout où des femmes roulent en deux-roues et soutenir encore plus de pilotes. L’aventure Fille Au Guidon ne fait que commencer 😁»

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Sonia Barbot : et c’est reparti pour les Rallyes

Les fans de rallyes routiers la connaissent bien. Sonia Barbot, c’est un grand sourire, une ténacité à toute épreuve et des km de pistes ou de chemins au guidon de ses Yam. Ce week-end elle se frottait au Hard Defi, un trail extrême en haute Dordogne et Limousin, une remise en jambe avant la reprise de la saison rallye routier – interview rien que vous

Fille Au Guidon : « Bonjour Sonia, après un an de covid, tu reprends enfin le guidon avec le Hard Défi Tour, peux tu nous expliquer ce qu’est cette course ? »

Sonia Barbot : « Salut Sandrine, le hard défi tour est un évènement trail. Ce n’est pas une course mais un raid off road (hors piste ou tout terrain) où une trace doit être suivie (GPS ou road book papier). On y retrouvera des contrôles de passages, du ravitaillement avec pause repas et essence. En deux jours on doit faire plus de 600km. Le but étant de rallier l’arrivée avant 20h au dernier cp (contrôle de passage) si on veut faire parti des « finishers ». Je prendrai le départ demain avec ma Yamaha Ténéré 700 sous le numéro 78.
L’année 2020 a été compliquée sportivement et 2021 prenant le même chemin, j’ai décidé de planifer pas mal d’événements Trail off road en plus du Cfrr.
c’est quelque chose que j’affectionne beaucoup depuis le gs trophy international en Mongolie et ne sachant pas si la compétition pourrait reprendre je ne voulais pas rester sans objectifs.
Pour ce qui est du rallye routier, la première manche arrive vite. Dans un peu plus d’une semaine je serais sur le rallye de la Sarthe. Le championnat complet a été amputé de deux courses, les 4 autres sont validées. Je serais donc au départ avec la yamaha Niken numéro 134.

FAG : « Comment t y es tu préparée ? »

SB : « Entre le confinement et mes sorties Trail je n’ai pas beaucoup roulé avec le Niken cette année à vrai dire mais j’avais déjà pas mal avancé sur des petites modifications nécessaire en 2020 avec tests de validation sur piste. Donc je sais que la machine vas bien, y’a plus qu’à remettre le pied à l’étrier.

FAG : « Quelles modifications as tu fait que ta moto ? Pourquoi cette moto ? »
La niken fait parler, elle interpelle, elle choque même quelquefois les motards avec ces 3 roues et sa « gueule » de transformer. Alors pourquoi ne pas aller la comparer aux autres motos sur du rallye routier. Pour la rendre plus compétitive je lui ait monté un amortisseur emc et tout le freinage Beringer. Un éclairage additionnel avec support maison grace à Vocenty. Des pneus qui vont bien et un encrage pour mon airbag. J’avais aussi monté une bulle haute pour la spéciale sur le circuit du Bugatti mais celle ci n’as pas pu être validée.

FAG : « Quel est ton programme 2021, 2022 et tes ambitions ? »

SB : « Faire le Championnat complet en Cfrr 2021 j’aimerais montrer que la niken est capable de rouler vite, au même titre qu’une moto classique. Je n’ ai pas d’objectifs de classement à ce jour, je verrais après la Sarthe comment je ressens les choses.
Cette annee je serais sur la Manche d’endurance des 24h00 de Barcelone avec le team scolaire FMR34, projet pédagogique mutuelle des motards de Montpellier début juillet. Nous sommes engagés à 4 pilotes sur un R1 préparé par la section compétition du lycée Pierre Mendes France.
Pour 2022 je voudrai continuer le trail mais en intégrant la competition rallye raid donc sûrement l’engagement au Hélas rallye (Grèce) en Ténéré 700. Ensuite je verrais car les budgets sont bien plus élevé qu’en rallye routier.

FAG : « Pour celles et ceux qui nous rejoignent, peux tu revenir sur tes premiers pas en rallye ?

SB : « J’ai commencé le rallye en 2013 avec mon 1000 gsxr, la discipline m’a plu et j’ai fait la saison complète l’année d’après ou j’ai gagné mon premier titre féminin et 3eme espoir. »

FAG : « Quels conseils donnerais tu à celles qui veulent se lancer ? »

SB : « Ne pas se poser trop de question car l’ambiance en rallye routier est excellente et tu trouveras toujours de l’aide sur les paddock. Pas besoin de préparation hors de prix ni de capacité de pilotage hors pair. la discipline à plus de 100 ans, tu paies, tu t’engages et tu roules.

FAG : « Un mot pour les filles au guidon? »

SB : « Si tu veux en savoir plus n’hésites pas à m’envoyer un message sur insta ou fb tu peux t’abonner aussi pour voir comment ça se passe de l’intérieur. Je me ferais un plaisir de te répondre en tout cas. Et si tu veux t’engager et tenter l’aventure il reste encore des places pour les 4 courses. Merci à Fille Au Guidon de mettre la femme à l’honneur dans un monde un peu matcho quelque fois 🙂 »

Sonia Barbot fait partie du Team Pilotes Fille Au Guidon depuis l’année dernière. Au delà du plaisir que vous aurez à porter les vêtements et accessoires que nous développons spécialement pour les motardes, en achetant Fille Au Guidon, vous participez à l’aventure des pilotes moto Françaises que nous soutenons.

Désormais distribués dans une 20aine de points de vente dans toute la France, notre petite marque 100% grandit grâce à vous. Vous pouvez suivre l’activité de nos pilotes sur les réseaux sociaux Fille Au Guidon et bien sûr en vous abonnant à ce blog 😉

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Déconfinement : Audrey Dupuy, Back on Grass Track

Aujourd’hui, lundi 11 mai, le déconfinement progressif de la France commence. Pour nous, les motard(e)s, ce lundi rime avec retour sur deux-roues, et pas seulement pour aller travailler 😁. Pour les pilotes moto engagé(e)s en championnat ce lundi est aussi synonyme de reprise des entraînements avec, au bout du tunnel, la reprise des compétitions. On a demandé à Audrey Dupuy, la seule Française engagée en compétition de Grass Track, de nous raconter sa vision du « jour d’après » :

Bonjour Audrey, avant toute chose, raconte nous un peu comment tu as vécu ces deux mois de confinement ?

« Pendant deux mois, j’étais chez ma mère. Comme tous les pilotes, je n’ai pas pu m’entraîner, tout les circuits étaient fermés. J’ai compensé avec beaucoup de sport physique à la maison. Je bouillais intérieurement à ne pas faire de moto. Heureusement j’étais bien entourée, en particulier par ma compagne qui m’a aidé à relativiser et décompresser ❤️. »

Après ces deux mois à l’arrêt, que vas tu faire lundi ?

« Honnêtement je vais sauter sur ma moto, et je vais rouler sous un beau soleil !!! »

As-tu des info concernant tes terrains d entraînement ?

« Apparement à partir du 11 mai les entraînements peuvent reprendre, mais pour l’instant pas de date d’entraînement pour le Grass track. Il n’y a plus qu’à attendre. Plan b, prendre un vtt et faire quatre tours et tourner en rond. Petit Grass track improvisé 😉 »

Les épreuves de championnat ont été annulées au moins jusqu au premier août ? Qu en est il pour les compétitions de Grass Track et Speedway ?

« Pour l’instant nous n’en savons rien, aucune date n’a encore été dévoilée. Tout est incertain. Espérons qu’il y est quand même des entraînements. »

Quelle est ta vision de ta saison 2020 et de la suite?

« Honnêtement, durant cette saison 2020, avec cette épidémie que nous devons combattre, je ne vais pas pouvoir faire grand chose sur ma moto … Alors maintenant place à la préparation physique en extérieur, et à quelques entraînements pour préparer l’après. Je tenais à vous remercier pour votre aide. Aussi remercier toutes les personnes qui me soutiennent : mes sponsors, mon entourage, ma famille, mes amis et bien évidement ma compagne. Je l’espère à bientôt sur les pistes 🤙 »

Audrey Dupuy est la seule Française engagée en championnat de Grass Track, une discipline moto qui consiste à rouler le plus vite possible, sans frein, sur un anneau de pelouse. Elle pratique ce sport depuis ses 6 ans. Malgré le covid et ses répercutions, Fille Au Guidon continue de la soutenir financièrement grâce aux achats que vous faites chez nos revendeurs (Maxxess, Dafy, Moto Axxe) ou sur http://www.filleauguidon.com.

Ensemble, on est plus fort 💪✌️🏍❤️

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Ana Carrasco : piloter n’est ni masculin, ni féminin

« Piloter n’est ni masculin, ni féminin, c’est une question de technique et de savoir faire ». Ana Carrasco, Championne du Monde Superbike 300 en 2018 répond au journaliste Daniel G Lifona, du magazine Espagnol Marca. L’interview en Castillan est paru hier et nous nous sommes faites un plaisir de vous la traduire. Une belle leçon de calme et de conviction de la part de cette championne qui, effectivement, ouvre le champs des possible aux autres. Merci Ana ❤️

Question : « Pourquoi y a t’il si peu de femmes qui soient pilotes de moto ? »

Réponse : « Parce que historiquement c’était un sport d’homme, ça c’est clair. Tout est histoire de chiffres, parce qu’il y a beaucoup plus de petits garçons que de petites filles qui commencent, les garçons ont plus de possibilité d’arriver en haut. Quand j’ai commencé, nous n’étions que trois ou quatre filles en Espagne. Avec tout ce que nous allons réussir, la carrière va se féminiser, il y a beaucoup de filles qui ont envie de courir et je pense que dans quelques années, le nombre de femmes augmentera. Pour l’instant nous allons de l’avant et c’est déjà bien. Je suis sure qu’en obtenant de bons résultats je permets aux autres que ce soit un peu plus facile. »

Q : « Avec aussi peu de femmes dans la compétition, c’est presque un miracle d’être arrivée aussi loin »

R : « Chacun, au delà d’être un homme ou une femme, possède un talent, une force de travail et plein de choses en lui. Etre bon ou mauvais dépend de beaucoup de choses, aussi je crois que j’ai eu la chance d’avoir les soutiens nécessaires à chaque moment et j’ai beaucoup travailler pour y arriver. Je fait partie des rares chanceuses qui courent en Championnat du Monde. »

Q : « Préfères-tu être passagère ou pilote ? »

R : « Je ne sais pas être passagère, je préfère piloter. »

Q : La moto a t’elle un côté féminin?

R : « Ni féminin, ni masculin. La moto est un véhicule et nous sommes ceux qui le dirigeons. Piloter n’est ni féminin, ni masculin, c’est une question de technique et de savoir faire. »

Q : « Vois tu toujours des mines stupéfaites quand tu descends de la moto et que tu enlèves ton casque ? »

R : « Je crois que non. Cela fait longtemps que j’ai dépassé tout cela. Aujourd’hui je suis un des pilotes de référence dans la compétition, tout le monde sait qui je suis et je suis dans les points à chaque course. Cela ne surprend plus que nous nous battions pour gagner. Il y a quelques années, quand j’ai commencé le Championnat du Monde, ça pouvait paraitre étrange, mais maintenant c’est normal pour tout le monde. »

Q : « Et sur la route, c’est la même chose? »

R : « Je ne vais pas sur la route en moto. »

Q : « Et pourquoi pas ? »

R : « Parce que j’ai une autre approche de la moto. Je monte sur une moto pour faire la course et aller vite, la route n’est pas faite pour cela. Le mieux pour ceux qui veulent faire la course, c’est d’aller sur un circuit et ainsi de ne pas prendre de risques inutiles. »

Q : « La voiture est elle le grand ennemi de la moto ? »

R : « Sur la route oui. Je trouve que rouler en moto sur la route est très dangereux, parce que tu dépends de plein de choses, de plein de gens et que les routes ne sont pas faites pour amortir les chutes. C’est important qu’on soit tous conscients, autant les motards que les automobilistes, du fait que la moto est la plus fragile. En cas de problème, c’est toujours la moto qui sera perdante. »

Q : « Et que penses tu des glissières de sécurité? »

R : « C’est l’un des grands problèmes du motard. Petit à petit les choses iront en s’arrangeant mais la route n’est pas faite pour tomber : il y a des glissières, des bordures, des arbres et énormément d’autres obstacles. En moto, le choc tue. »

Q : « Quelle a été ta plus grande peur ? »

R : « En compétition, on n’a pas peur parce que tomber fait partie de l’apprentissage. On cherche à trouver la limite et on tombe souvent. Le pire ce sont les blessures. J’ai une fracture au coude, une autre à l’épaule et aussi une à la clavicule suite à mes chutes. Les blessures sont la partie laide du sport. Et pour la route, je n’y vais pas en moto. »

Q : « Même pas en ville ? »

R : « Ni sur la route, ni en ville. Je suppose que c’est une question d’habitude. J’utilise la moto seulement en compétition, sur la route je roule en voiture. Je voyage beaucoup en train, en avion, je n’arrête pas de bouger mais la moto, je n’ai pas l’habitude de l’utiliser parce que je considère cela dangereux. Tu dépends de beaucoup de gens, de beaucoup de situations et, en tant que sportif, tu ne peux pas prendre le risque qu’il se passe quelque chose. »

Q : « Penses-tu que les femmes conduisent moins bien que les hommes ou qu’elles sont plus prudentes ? »

R : « Je ne crois pas que les femmes conduisent moins bien. Etre prudent sur la route est une vertu, pas un défaut. Les hommes paraissent plus courageux mais ont plus d’accidents et beaucoup plus de contretemps. Etre prudent est le mieux que tu puisses faire pour conduire en sécurité et qu’il ne t’arrive rien. »

Q : « Quel est le meilleur âge pour commencer la moto? »

R : « L’âge minimum du permis est 16 ans et c’est parfait pour commencer à rouler en moto. Si tu passes le permis jeune et que tu commences par de petites motos, tu peux prendre de l’expérience et ensuite changer de modèle. Une des erreurs que commette la plupart des gens c’est de passer le permis quand ils sont majeurs et commencer sur une grosse moto. La base pour conduire en sécurité c’est de très bien maitriser sa moto et ça se fait petit à petit en commençant d’abord par de petites motos. »

Q : « Mais toi, tu as commencé bien avant cela non ? »

R : « J’ai commencé à 3 ans. Quelque soit le sport de compétition, avec l’objectif d’aller au niveau mondial, il faut commencer très jeune, passer par de nombreuses catégories, et prendre un maximum d’expérience. La moto est comme tous les autres sports, les jeunes garçons commencent le foot, le basket, ou le tennis à trois ou quatre ans. Pour les motos, c’est pareil. Si tu veux apprendre, engranger de l’expérience et être prêt à courir en Championnat du Monde à 16 ans, tu dois commencer jeune et apprendre tout ce qui est possible avant. »

Q : « Que dirai-tu à une personne de 30 ou 40 ans, avec peu d’expérience, qui veux se mettre au deux-roues ? »

R : « Qu’il faut être prudent. Avoir une grosse moto, c’est super mais il vaut toujours mieux commencer avec une 600 pendant deux ans pour acquérir de l’expérience que commencer directement avec une 1000. Il faut avoir conscience que ces motos sont très puissantes, qu’elles vont vite, et que quand tu démarres de zéro, c’est normal qu’au début ce soit dur. C’est plus facile de réussir avec plus petit pour apprendre et n’avoir aucun soucis sur la route. »

Pour lire l’interview originale : https://www.marca.com/motor/modelos-coches/2020/01/27/5e2ebe3b268e3e57538b45b7.html