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Mumu, 77 ans, la moto dans la peau

Alors que j’étais venu vous présenter la collection Fille Au Guidon sur le Festival Luynes à l’assaut de l’Amérique, en septembre dernier, j’ai fait la rencontre d’une motarde peu ordinaire. Annick, Mumu de son petit nom, a 77 ans et depuis 47 ans, c’est elle qui pilote !

Le 14 septembre dernier, ma pomme et mes tee-shirts étions sur le Festival Luynes à l’assaut de l’Amérique. Ce rassemblement incroyable de fans de la culture US est devenu un incontournable dans la région Touraine. Depuis 5 ans, les Narvalo’s Bikers convient plus de 44 000 personnes à venir danser, chanter, manger et admirer Mustangs, Indians, Harley, et Boss Hoss avec en prime une tripotée de shows et d’animations. C’est juste génial.

En ce samedi 14 septembre matin, j’étais sur mon stand à côté de mes amis de Boss Hoss France, quand tout à coup, je vois débouler à toute berzingue sur sa trottinette électrique, Annick dite Mumu. La petite dame, pleine de peps, entame la discussion.

Elle a 77 ans, des cheveux blancs et un sourire à décrocher la lune. Et en plus, c’est une motarde !!! Elle a longtemps roulé sur son trail Honda 125 avant de décider, en 1982, de passer son permis gros cube suite à une chute avec son mari comme pilote. En 40 ans, elle en a eu des motos Mumu !! Honda, Yamaha, Harley, elle ne se souvient même plus de tous les modèles.

Fan de motos, elle est allée deux fois à Daytona, en 1990 et 1992, « incroyable cet endroit !! des motos partout !!! » Elle y à même rencontré Johnny. Depuis toujours, elle passe beaucoup de temps dans son motoclub de Huisme et, depuis 10 ans, elle est commissaire de piste au Vigeant et à Magny-Cours.

Les années passants, elle a lâché les gros cubes pour revenir à une petite 125 custom. Et puis cette année, elle a décidé qu’il était temps de … passer au quad !!! Et bien oui !!! C’est presque pareil après tout !!!

Ses motos maintenant ornent son salon et son nouveau jouet, sa trottinette électrique, la fait bien marrer.

Son message à toutes les nouvelles Filles Au Guidon :

 » J’encourage les femmes a passer leur permis malgré les machos. La moto, c’est la liberté !!! »

On est bien d’accord Mumu !!! Longue et heureuse vie à toi ❤️

Mumu motarde de 77 ans

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Fati, Fille Au Guidon à Mayotte

Hier, je participais à une journée « filles » chez Maxxess à Rennes. Au programme : cours de mécanique à l’atelier, shopping girly dans le magasin, petit buffet de douceurs et papotage entre filles qui roulent. Une chouette nouvelle occasion pour moi de passer du virtuel au réel et d’aller à votre rencontre 🏍 ✌️.

Certaines d’entre vous sont venues de loin, comme Sarah qui habite à Jersey et qui m’a presque dévalisée dès l’ouverture 😜😘 – voir de très loin , comme Fati de Mayotte.

Mayotte, pays de Fati, motarde

Mayotte, petite île située à plus de 5000 km de Rennes, non loin de la Réunion, dans l’archipel des Comores, dont vous avez du entendre parler en début d’année suite au mouvement social qui a paralysé le département. Paysages de carte postale mais réalité économique bien différente pour la population.

Fati, elle, est conseillère en génétique au centre hospitalier de Mayotte, maman de 3 bambins et … motarde 🏍🌴. Tous les jours, elle prend le guidon de son Ducati Monster pour aller travailler et, le week – end, quand elle le peut, elle se fait des virées avec son groupe de motards du Mayotte Potchol Club.

motards de Mayotte
Crédits Photos : Mayotte Potchol Club

Pour les motos, comme pour le reste, les Mahorais dépendent du trafic maritime. Pas de concession officielle sur l’île, quand on veut une moto, il faut se débrouiller pour l’acheter et l’acheminer puis ensuite trouver le petit garage local qui saura assurer son entretien. En résumé : il faut être PASSIONNES et beaucoup économiser !

Fati a passé son permis en 2017, sans n’avoir jamais même fait de vélo. « J’ai toujours été attirée par les deux-roues mais ils me faisaient aussi un peu peur ». Elle passe son permis sur une Suzuki Gladius mais sa première moto sera une Kawasaki 750 qu’elle a fait venir du continent mais qui lui a été dérobé 5 mois après son arrivée 😭.

Fati motarde de mayotte et sa kawasaki z750

Heureusement bien assurée, elle a pu craquer pour un Monster Ducati « j’adore sa couleur et je suis trop bien dessus « . Jeune permis, elle a dû l’acheter bridé.

Fati, motarde à Mayotte

Même si les routes de l’île ne sont pas très roulantes, Fati aimerait bien maintenant débrider sa moto mais il va falloir trouver une petite main magique pour le faire sur place. Renvoyer le Monster sur le continent pour ôter la bride serait un gouffre financier. Un petit coup de main de Ducati France serait apprécié 😉.

Fati était venue chercher un vêtement de pluie pour résister à la mousson. Elle s’envolera bientôt avec, en plus, un beau tee-shirt Fille Au Guidon dans ses valises et moi, je rentrerai à Paris avec de belles images de futures balades sur l’ile de Mayotte en compagnie des Potloch 🌴🏍🌴

A très vite Fati 💋✌️👠

Fatou, fille au guidon à Mayotte

Et un grand merci à toute l’équipe de Maxxess Rennes qui assure avec le sourire un super service à leurs clients – Changez rien, vous êtes parfaits 💋

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Sur la route des boutiques : arrêt chez Mymy Rider Motorcycles

Si vous lancez une marque de fringues moto pour les Femmes en deux-roues, plusieurs options s’offrent à vous : vendre en direct, toute seule comme une grande, ou bien passer par celles et ceux qui ont déjà pignon sur la rue des motardes.

Fille Au Guidon fera les deux 🤗

Depuis un petit mois, vous pouvez acheter en ligne, sur la boutique du blog, sweats, tee-shirt et débardeurs développés spécialement pour les femmes en moto.

fille au guidon vetements femme moto

Depuis vendredi dernier, vous pouvez aussi trouver tout ce que j’ai développé pour vous chez Mymy Rider Motorcyles, le garage Girl’s Friendly de Myriam Amrouni.

fille au guidon est chez mymy rider

Situé rue des Maronites à Paris, Mymy Rider est the place to go quand on est une femme à moto. Son atelier assure entretien et réparations toutes marques. Sa boutique regorge de vêtements et accessoires pour les femmes en deux-roues. Sa patronne est une super nana qui n’a pas hésité à plaquer 18 ans d’Air France pour réaliser son rêve : ouvrir un garage moto pour les Femmes !

fille au guidon dans boutique mymy rider motorcylez

Dorénavant, entre les casques, les cuirs et les blousons moto, il y a sur les cintres de la boutique de MyMy de beaux sweats tout doux en coton bio Fille Au Guidon 🤩

mymy rider garage girl friendly motorcycles

Et même des exclu pas encore proposées sur le site comme les nouvelles petites pochettes à chainettes 🤗🤗.

Au plaisir de vous y retrouver les Filles ✌️💋

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Histoire de motarde : comment une fille passe des sportives aux caferacers

Fille au Guidon, vetements moto et accessoires pour les femmes qui roulent en deux roues sur les iron motors 2019

Je suis une fille et, depuis mes 14 ans, je roule en deux-roues. Entre les posters des derniers films du moment et ceux des icônes des ados de l’époque, on trouvait déjà, sur les murs de ma chambre, des photos de pilotes couchés sur leurs motos. Chaque matin, en allant au lycée sur mon 103 Peugeot, je m’imaginais le genou frôlant l’asphalte sur une grosse cylindrée. Puissance, vitesse, harmonie des lignes, tout me plaisait chez ces reines de la route.

Mon permis, je l’ai passé en cachette parce que ce monde de moteur effrayait mes parents. Je ne rêvais que de sportives mais je n’avais pas le budget. Alors il m’a fallu attendre ma première prime pour chercher une petite moto au look sympa. On était en 1998 et j’ai craqué pour l’ER 5 Kawasaki.

er 5 kawasaki première moto de fille au guidon

Le temps de faire mes preuves au guidon et au boulot, je suis enfin arrivée, deux ans plus tard, à m’offrir une ZX6R. En rouge et noir, je traçais ma route. Tout les jours, je la prenais pour aller bosser, tous les week-ends elle m’emmenait m’évader. C’était magique d’être aussi libre.

zx 600 r Kawasaki ma moto

Libre, je l’étais mais, au fil des années, l’inquiétude à commencer à pointer son nez. Les freinages qui te tétanisent, les évitements qui te sauvent la vie, les autres qui tombent devant toi … et ta choupette qui chauffe entre les voitures et te ruine les poignets à 50 km/heure.

Kawasaki zx6r fille au guidon

J’aurais pu rentrer en Bretagne mais c’est à Paris que mon travail se trouvait alors je suis restée. J’ai vendu ma moto et j’ai testé les transports en commun. Métro, boulot, dodo … je suffoquais sous terre. J’ai donc racheté un deux-roues, mais un scooter en me disant: « dans Paris c’est plus prudent ! « 

Sauf que deux mois plus tard, je ne supportais plus ses petites roues et son freinage de mijaurée. Chez Ducati, je suis allée et un roadster me suis payée. Un joli petit Monstro 620 Rouge est devenu mon meilleur ami. J’adorais sa gueule avec son gros phare rond et ses deux pots sous la selle.

monstro 620 n ducati moto fille au guidon

Question motorisation … j’avais quand même un peu de mal. Je me suis toujours sentie plus en sécurité sur une sportive qui a, certes un gros moteur capable de t’envoyer en l’air au propre comme figuré, mais aussi deux gros boudins bien stables et des freins dignes de ce nom !

Je commençais alors à regarder les annonces et finis par tomber sur une superbe CBR 600 Honda. Première main, peu de km au compteur, jamais de piste … modèle 2001 avec le pot sous la selle. Oublié le roadster, retour à la sportive. Mon dieu, quel bonheur : des courbes parfaites, des accélérations de dingues, … à moi les routes sinueuses de notre joli Pays.

cbr 600 honda

Une rencontre , un mariage et un bébé plus tard, la belle Honda restait trop souvent au garage. Je l’ai donc vendu. Celui qui l’a acheté m’a vu pleurer en partant « ne t’inquiète pas, j’en prendrai soin ».

Honda cbr 600 rr fille au guidon

5 ans, un autre bébé et un divorce plus tard, me voilà au fond du trou. Plus envie de rien, juste avancer pour mes deux filles qui n’ont rien demandé. Et puis, un jour, cet ami qui me tend ses clefs. « Je sais de quoi tu as besoin ». Un ER6 … je monte sur la selle, première en bas, tout le reste en haut, je prends mon envol. La grosse pierre qui me serrait les entrailles éclate, mes poumons s’ouvrent. Je revis !!!!!

fille au guidon happy girl

Comment ai-je pu me passer de ce plaisir aussi longtemps ?!?

Je lui achète sa moto. Je retrouve le milieu motard. Je commence à écrire pour Mag’Motardes à mes heures perdues. Je m’invente un nom : Fille Au Guidon. Je découvre avec Lydia Truglio Beaumont que les filles sont maintenant nombreuses sur la route. Je les suis sur les circuits. Je raconte leurs vies, leurs joies, leurs peurs. J’essaye des motos pour elles.

24 heures du mans Lydia Truglio Beaumont Fille Au Guidon

Un jour, sur le Salon Moto Légendes, je rencontre un vieil homme qui me dit : « tant que t’as pas roulé en Guzzi, tu ne connais rien ».

Alors quand Moto Guzzi me propose l’essai de leur nouvelle V7, j’y vais. J’ai roulé sur Kawasaki, Ducati, Harley, Honda, pourquoi pas Guzzi ? Révélation !!! Un look d’enfer, un moteur vivant, une stabilité à toute épreuve, des sensations à 90 … je tombe sous le charme.

J’ai écrit un article pour le Mag et j’ai couru l’acheter. Cela fait deux ans maintenant que ma V7 m’emmène au travail et en week-end et que vous suivez nos aventures sur les réseaux.

A son guidon, je me sens juste bien ! J’ai 45 ans bientôt. Plus envie de jouer au kamikaze, juste envie de profiter du vent sur mon casque, des odeurs des prés que je traverse, de la chaleur du soleil sur mon cuir et de cette liberté d’aller où je veux, quand je veux.  Et c’est comme cela, que je suis passée des sportives aux caferacers, … sur la route tout du moins 😉

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Fille au Guidon : rencontre avec Charles Krajka

Fille au Guidon et Charles Krajka sur Moto Légende 2016

En Novembre 2016, j’ai eu la chance de couvrir le Salon Moto Légende pour Mag’Motardes. Cette année là, cette grande fête de la moto ancienne était aux couleurs de Moto Guzzi qui y célébrait ses 95 ans. Sur le côté du magnifique stand de la marque italienne, cachée entre les vieilles Guzzi de l’époque, il y avait une table et à cette table un homme que tous les passionnés connaissent : Monsieur Charles Krajka.

Charles Krajka, interview exclusive Fille Au Guidon

Quand je lui ai dit que je venais pour Mag’Motardes, le magazine de la moto au féminin, il m’a dit : « Vous !! Ne bougez pas !! Il faut que je vous parle de celle sans qui rien n’aurait été possible. »

Charles Krajka est une figure dans le monde de la moto en France, il fait partie de ceux qui l’ont créé ! Pilote solo et side-cariste au palmarès impressionnant, motociste et Motoguzziste de la première heure, il a de nombreuses anecdotes à raconter sur les courses, les motos, les pilotes, les concessionnaires, les clients …

La légende de Charles Krajka commence en 1950 lorsqu’à 16 ans, il délaisse le travail du cuir que faisait son père pour travailler comme apprenti sur ce qui le passionne : les motos ! Au milieu des motos Françaises et surtout Anglaises commercialisées par Moto Bastille, il découvre les Moto Guzzi et en particulier une : la Airone 250.

Avec sa fourche inversée, ses suspensions arrières oscillantes, son cylindre horizontal, son sélecteur au pied, ses freins à tambour qui permettait de freiner fort, l’Airone a tout ce que les autres n’ont pas encore. LA moto idéale pour rouler vite et bien ! Et ça Charles, il aime ! Alors il l’achète.

Quelques années plus tard il prend sa première licence au Moto-Club Chatillonnais et commence à courir en compétition. Dès la première course il finit deuxième au guidon de son Airone. Un an après, en 1957, il est champion de France 250 cc !

charles krajka 1957moto guzzi airone 250

Au Moto-Club Chatillonnais, il y a des motocyclistes masculins (« Ne dite jamais Motard, Motard c’est pour les gendarmes ») et … ELLE « A l’époque il n’y avait que deux femmes motocyclistes à Paris : Arlette en Triumph et Titi en Rumi » nous raconte-t-il fièrement. C’est le coup de foudre, Charles Krajka et Titi se marient. Le couple ne roule pas sur l’or alors Charles vend son Airone. Charles a le virus de la course et sa femme accepte de le laisser faire tant que ses courses ne tapent pas dans les économies du ménage. Pour financer ses courses sur piste, Charles Krajka fait des courses de côtes et de side-car cross.

En 1958, Charles veut faire le Bol mais n’a pas les sous. Qu’à cela ne tienne, il va voir l’organisateur en juin et jure sur l’honneur de lui rembourser les frais d’inscription de la compétition en octobre. Pour organiser le ravitaillement, Titi négocie avec un épicier de Monthléry pour qu’il lui donne ce dont elle pense avoir besoin et qu’elle puisse ramener ensuite ce qu’ils n’auront pas consommé.

Au début, c’est très dur. Seulement 3 ou 4 motos par an mais un service client hors norme. Bientôt tous les side-caristes de Paris se retrouvent chez eux car, chez les Krajka, pas de voiture, juste un side-car pour tous leurs déplacements professionnels et personnels. « Une moto à dépanner de l’autre côté de Paris, on la chargeait sur la planche et hop ». La planche elle servira aussi à transporter Mme Krajka à l’hôpital pour accoucher (respect Titi) et à ramener le petit bout à la maison (double respect !) Petit à petit la clientèle augmente. Le couple travaille sans relâche. « Mon histoire est une histoire de couple, Titi a toujours été là dans les bons et les mauvais moments, même les très mauvais. Elle ne m’a jamais fait aucun reproche. Je n’aurais jamais été ce que je suis sans elle ».

En 1962, Charles Krajka arrive à convaincre le Président du Motocycliste Club de France d’organiser une course de side-car alors qu’il n’en restait plus que 3 en France. « Il fallait être 12 sur la grille de départ, je lui ai dit, programme la course on sera douze » Ils furent bien douze sur la ligne de départ du critérium. Les compétitions de side en France ont repris et en 1979 lorsque Charles a quitté la compétition, il était 45 !

Charle Krjka side car 1962 fille au guidon

Titi participe aux courses assurant le panneautage à l’ardoise, le ravitaillement, le rapatriement quand il chute et tient la boutique quand il est blessé. Lorsqu’ils se déplacent sur une compétition, la moto de course est attachée sur le side et quand Charles la descend, c’est « Titi qui la conduisait » se souvient-il fièrement. En 1967, Charles Krajka découvre sur une compétition la Moto Guzzi V7. Il rentre chez lui, persuadé que cette moto va faire un tabac en France. Un bicylindre en V de 42 chevaux, une batterie de 12V, un démarreur électrique … Titi est d’accord et l’histoire Moto Guzzi commence. C’est Charles Krajka qui obtiendra l’homologation pour la première V7 vendue en France et il s’en achète une dans la foulée à laquelle il attèle … un side !

Charles Krajka devient rapidement le premier vendeur de Moto Guzzi en France. Non seulement il les vend et en assure l’entretien mais en en plus … il les perfectionne. Avec l’accord de la maison mère, il va chercher lui-même les pièces de rechange auprès des fournisseurs et fait des modifications qui sont ensuite reprises par la marque. Son service client, il en est fier ! « C’est plus facile de perdre un client, que de le gagner » alors il dépanne ses confrères pour que tous les MotoGuzzistes soient contents et restent fidèles à sa marque fétiche. Et des clients contents, il en a eu plein, comme ce Monsieur venu saluer Charles sur le stand et lui rappeler qu’en 1975 il lui a sauvé ses vacances en acceptant de lui changer, de nuit, une pièce afin qu’il puisse prendre la route le lendemain. Incroyable mais vrai.

Un jour, Charles et Titi sont en vadrouille et s’arrête chez un vieil ami qui avait acheté sa Guzzi Airone bien des années plus tôt. Titi note que la moto est sous une bâche et ne sert plus. Au Noël suivant, Charles trouva sa belle Airone « trônant au milieu du magasin, plus de 20 ans après » nous raconte-t-il tout ému. « Titi avait tout organisé». Charles Krajka a 82 ans maintenant mais la moto fait toujours partie de sa vie, et vice et versa. Il se bat pour la sécurité des pilotes en participant à de nombreux groupes de travail. Vous pouvez encore le voir trainer autour des circuits vérifiant que chacun porte bien les bons gants (vécu). Madame Krajka reste discrète. « Elle n’aime pas qu’on parle d’Elle »

Et bien pour une fois, on a parlé d’elle et elle a aimé alors moi j’étais ravie !

A la fin de cet interview, Charles m’a demandé si j’vas déjà roulé en Guzzi . « La Guzzi, où tu adores, ou tu détestes mais il faut que tu essayes !! »

Et c’est ce que j’ai fait … et c’est grâce à M. Krajka qu’aujourd’hui je roule en V7 !

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Le Bike Shed 2016 : la naissance de Fille Au Guidon

Fille au guidon 1er article pour mag motardes bike sheld 2016

L’histoire de Fille Au Guidon commence le 18 avril 2016 quand Lydia Truglio Beaumont, la rédac chef de Mag’Motardes, cherchait quelqu’un pour couvrir le Bike Shed. Moi, je trainais mes boots dans pas mal d’évènements moto Parisiens et j’adore écrire. Le journalisme, j’avais même pensé en faire mon métier mais j’ai finalement choisi une autre voix plus scientifique : ingénieur agronome. Ma vie professionnelle s’est construite bien loin des moteurs et des circuits, mais la moto en a toujours fait partie, et ce depuis 1995.

Quand j’ai appris que Lydia cherchait quelqu’un pour couvrir le Bike Shed, je me suis proposée. Elle a accepté et ce fut le début de la belle aventure qui fait que j’écris pour vous aujourd’hui.

Sur le Bike Shed 2016, j’ai fait la connaissance de Roderick Seibert qui présentait sa superbe Yamaha TW Steel une prépa sur base d’une XV 950.

Bike shed 2016 Fille au guidon pour mag motardes

Roderick c’est le mec qui a fait ce dont on rêve toutes : tout plaquer pour vivre sa passion et … réussir !! En 2014, ce trentenaire Néerlandais avait lâché son boulot d’acheteur pour se lancer dans la préparation. Cela faisait deux ans que ce projet le taraudait alors qu’il passait son temps libre à alléger, modifier, customiser sa moto aux côtés de sa bande de potes. En 2014, il s’est lancé avec ses 9 copains en soutien. Numbnut Motorcycles était né. Deux ans plus tard, et pas moins de 12 préparations à son actif (ou 14 il ne se souvient même plus !!), il était assis là, souriant, épanoui, à la table des grands.

La moto qu’il était venu présenter : un châssis et un bloc moteur de Yamaha XV 950 mais c’est tout ce que vous auriez reconnu de cette dernière. Tout le reste avait été usiné, imaginé, créé de toutes pièces. La moto avait été allégée de 35 kg, son réservoir et sa coque arrière entièrement redessinée en carbone. Le té de fourche supérieur ajouré porte une montre, TW STEEL. A l’avant un tout petit phare en trèfle, à la Van Cleef & Arpel, à l’arrière une selle rouge profond, qui rappelle l’intérieur des Chevrolet d’antan.

Bike shed 2016 : interview d Roderick tw steel

Dans ses tons noir, gris et rouge, la  Yamaha XV 950 TW Steel était puissante et belle tout simplement ! Côté horlogerie : une montre-bracelet au cadran rond, incrusté de carbone, dont le centre ajouré rappelle le disque de frein de sa grande soeur. Elle disposait d’une technologie réservée aux plus grandes, le tourbillon. Un mécanisme très complexe, inventé par français, Abraham Louis Breguet en 1801 (Cocorico !!), qui ne nécessite pas moins de 70 composants dans un tout petit gramme de matière ! Quant à son bracelet, il était en cuir d’Autruche noir cousu de fil du même rouge qui rehaussait les flancs du réservoir la Yamaha.

Ce premier « papier » vous pouvez encore le lire en suivant le lien : http://www.magmotardes.com/bike-shed-2016/

Cela a été un chouette moment pour moi d’interviewer Roderick et d’écrire cet article. Arrivée à la fin, j’ai quand même eu un soucis : comment signer cet article de mon vrai nom quand ce dernier était associé à un univers totalement différent ?

C’est ainsi que j’ai créé Fille Au Guidon, joli pied de nez à Femme Au Volant !

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Rencontre avec Anne-France Dautheville

Livre dédicacé par Anne-France Dautheville Et j ai suivi le vent

Vendredi 6 avril, la soirée de lancement de la saison moto 2018 au BMW Motoloft de Gennevillier fut l’occasion pour moi de rencontrer Anne-France Dautheville.

D’Anne-France Dautheville, je ne connaissais pas grand chose, à part le fait qu’elle avait été la première femme à faire le tour du monde en moto.

Ma surprise fut de taille en rencontrant ce petit bout de femme de 74 ans avec ses beaux cheveux blancs et ses grands yeux verts. Etait-ce vraiment cette femme qui a parcouru la planète en deux-roues alors que si peu de femmes s’aventuraient sur nos routes en moto ?? Oui … Anne-France Dautheville a fait cela a 27 ans, et pas en version Club Med, plutôt en road trip cuir, sueur, mains dans le cambouis, et … sourire malicieux !! Je suis totalement tombée sous le charme de cette sexagénaire à la vie improbable, tout comme mes copines Sandrine et Myriam 🙂

Anne France Dautheville soiree moto loft bmw

Née en 1944 en région Parisienne, Anne-France Dautheville achète sa première mob en mai 68 pour se faufiler dans la capitale malgré les barricades et le métro à l’arrêt.

photo anne france dautheville 1971

En 1971, alors qu’elle vient de quitter son emploi de journaliste, elle s’inscrit pour participer à un raid moto de 4 000 km entre la France et l’Iran, le Raid Orion. Elle est la seule femme des 92 pilotes à prendre le départ sur les champs Elysées en juillet 1972 au guidon de sa … Moto Guzzi 750 !!!!

photo depart raid orion Anne France Dautheville 1972

Anne-France Dautheville ira jusqu’au bout. Plus loin même, car elle continuera son périple avec 11 onze autres pilotes au travers de l’Afghanistan et du Pakistan.

voyage moto anne france dautheville

Parce qu’elle a adoré son voyage et pour boucler le bec à ceux qui disaient qu’elle n’était pas une vraie motarde, elle décide en 1973 de faire un tour du monde au guidon d’une Kawasaki 100 cc.

Ce tour du monde, Anne-France Dautheville va le raconter dans un livre : « Et j’ai suivi le vent »paru en 1975 ». Ce livre a été ré-édité l’année dernière et moi … j’étais complètement passée à côté ! Mais je vais me rattraper !!

Je lui en ai acheté un exemplaire lors de la soirée du Motoloft et Anne-France Dautheville a eu la gentillesse de me le dédicacer. Dès que je l’ai fini, je vous en fais un petit compte-rendu 🙂