
Ah la Corse … depuis longtemps, je rêvais d’y faire un road trip moto : des paysages somptueux mais surtout des routes sinueuses à souhait !!!
A chaque voyage, mon coeur de motarde bouillait de rester spectatrice du plaisir que semblaient prendre ceux qui avaient passé leurs bécanes. Mais on ne peut pas tout avoir : partir en famille, avec les bouées, les serviettes et les sauts (bref un coffre plein) et en même temps s’éclater avec sa moto 🙄.
Sauf que, cette fois, pour mon séjour en Corse du Sud, j’ai décidé de laisser tout mon petit monde adoré de côté pour une journée et … j’ai loué une moto 🤗🤗
Chez Corsica Moto, situé 13 boulevard Sampiero à Ajaccio, j’ai trouvé de solides trails Honda NCX 750. Ok côté look on a vu mieux mais ils font bien leur job sur les petites routes escarpées et sont faciles à piloter pour les « courtes sur pattes » comme moi 😉.

Côté itinéraire, je me suis tournée vers Mototrip.com. Ce site propose des road trips moto pour plein de destinations et la sélection Corde est plutôt pas mal.
Voilà donc l’itinéraire que j’ai choisi pour ma journée TPMG (Tout Pour Ma Gueule … de Motarde 🤣) : une belle boucle au départ d’Ajaccio qui descend vers Bonifacio, remonte vers Porto Vecchio et revient pas la montagne.

Les mois de Juillet-Août ne sont pas le moment idéal pour faire le tour des stations balnéaires des bords de côte Corse, avouons le. Les voitures s’agglutinent le long des plages. Les touristes passent d’un bord à l’autre de la route avec d’énormes bouées sous les bras qui leur cachent pas mal la vue. Zone de risque maximal pour les deux-roues, motorisés ou pas d’ailleurs ! C’est sans doute pour cela que mon petit périple était sensé commencer dans les terres.
Sauf que nous, mon mec et moi, nous n’avons pas pu résister au plaisir des petites routes qui longent la côte. Sitôt sortis d’Ajaccio, nous sommes descendus vers Propriano en passant par le bord de mer : excellente mise en jambes sur ces petits trails que nous ne connaissions pas 😜

Nous avons récupéré l’itinéraire préconisé à Olmeto : un grand sourire sous le casque mais déjà plus d’une heure de retard sur le programme 😁
A Propriano, la pause Perrier sur le port fut bien appréciée. Même en plein été, on peut garer les motos devant les bateaux et garder un oeil sur elles en sirotant un rafraîchissement bienvenu en ces fortes chaleurs estivales.

La suite de notre itinéraire nous mena dans l’arrière pays en montant vers Sartène, superbe village accroché à la montagne.

Nous avons continué notre descente vers le Sud en rejoignant la côte au niveau de Roccapina – Juste magnifique !!!! la route grise, la mer bleue, le lion qui se détache au loin … une vraie route magique !!!

On nous avait prévenu: les routes Corses sont dangereuses. C’est vrai : les voitures ont tendance à se laisser embarquer dans les virages et le moindre écart de trajectoire peut effectivement transformer votre road trip en cauchemar.
Alors pas de folie, juste le plaisir d’enchainer les courbes et les épingles en souplesse, dans un décors de rêve avec en prime, le bonheur de piquer une tête dans les eaux turquoises d’une plage magnifique.

En quittant Rocca Pina, le route vers Bonifacio s’enfonce dans le maquis et le paysage change étonnamment. De plus en plus aride, de plus en plus sauvage, jusqu’à cette grande ligne droite qui semble perdue dans un autre monde.
Et puis on se rapproche de la mer et soudain, elle apparait. Perchée sur une falaise ciselée, suspendue au dessus des flots, rose et majestueuse … Bonifacio 🤩

Le gros kiff à Bonifacio, quand on est motard, c’est qu’on peut monter tout en haut de la citadelle quand les voitures doivent se garer sur les parkings en bas de la ville.
Tu poses ta moto et hop, t as une vue plongeante sur le port :

et sur la crique :

C’est à Bonifacio que j’ai commencé à apprécier les horribles top cases dont étaient affublés nos 750 Honda. Quand il fait 35 degrés et qu’ils te permettent de poser ton cuir, ton casque et tout ton bazar pour visiter la ville tranquillement, tu les trouves beaucoup plus sympas ces top cases 😜

Notre Road trip Corse devait ensuite nous mener à Porto Vecchio « la Belle » qui, dans mon souvenir, rimait avec superbes plages et nature préservée. Le Porto Vech que j’ai connu il y a 30 ans n’est plus, malheureusement. La route nationale que nous conseillait le road trip n’a aucun interet et les abords de la ville, comme la côte autour, ont été mangés par les entrepots, les grandes surfaces, les magasins de souvenirs et … les parkings payants 🙄.
Nous avons regardé Porto Vecchio sans y voir le charme attendu alors nous avons décidé de nous enfoncer dans les terres en prenant la direction de Zonza.
Et là, la magie Corse est revenue. Petits lacets serrés qui montent, forêt de pins qui s’épaissie, tiens une vache sur le bord du chemin … il fait frais dans la montagne, les couleurs sont magnifiques. Nous avons posé les motos le long du lac d’Ospédale et sommes restés là … baba !

Nous ne savions plus si nous étions en Corse ou … au Canada !!!

L’orage a commencé à gronder dans la montagne, nous arrachant à notre contemplation de ce petit paradis perdu.
Zonza, Levie, Sainte Lucie de Tallano … nous avons traversé des villages plus jolis les uns que les autres avec des vues imprenables. La route était étroite et technique mais c’était que du bonheur !!

La route que nous avons pris pour rejoindre Ajaccio prenait parfois des airs de fin du monde. Elle serpente au milieu des roches rouges, pics acérés dressés vers le ciel, où roulaient de gros nuages noirs cette fois.
Le vent s’est levé, les premières gouttes se sont écrasées sur nos casques puis ce fut le déluge. Les trails Honda NCX tiennent bien le pavé, même sous la pluie et puis, nous n’étions pas en sucre alors on a continué de rouler.
Ajaccio est apparu au loin, tout en bas, sous un rayon de soleil qui perçait entre les nuages.
Nous avons rejoint la ville. Trempés mais heureux, avec un énorme goût de trop peu dans la bouche.
Corsica, on reviendra !!! Et avec nos meules cette fois 😜


A celles et ceux qui se disent « je ne roule pas vite, je fais attention, … » j’aimerais pouvoir dire que la moindre glissade, même à 30 km/h, transforme la route en râpe à peau tendre et que les brulures causées par ces frottements sont extrêmement douloureuses et marquent à jamais les membres touchés. Souvenez-vous de vos gamelles en vélo !!! C’est vrai que mettre un blouson, un pantalon, des chaussures montantes quand le soleil tape sur le casque, cela donne chaud. C’est vrai aussi que la plupart du temps, fort heureusement, aucun obstacle ne vient vous couper la route mais … il suffit d’une fois !
Une petite fois où un mec pressé sort du parking de la plage sans regarder, où un enfant maladroit lâche sa bouée et traverse vite pour la récupérer, où un cochon fatigué décide de faire la sieste au milieu de la chaussée et … vite, vous prenez les freins, pas de chance vous étiez un peu sur l’angle, bing la moto se couche. Pas vite, pas spectaculaire mais … scratch … la peau reste sur le bitume et les fibres de votre joli maillot de bain en nylon s’incrustent dans vos chaires … pas glam du tout la séance pince à épiler pour les retirer à l’hopital d’Ajaccio, pas fashion les bandes qui suintes sur les bras et les jambes, pas cool de devoir rester au sec pendant que les autres vont se baigner … pas sympa la fin des vacances en Corse 😔
Moi j’ai la « chance » d’avoir été vite sensibilisée aux conséquences de chutes à vitesse réduite mal équipé. A peine mon premier ER5 en main, j’ai enquillé les km avec ma bande de copains. Nous, on était bien équipé et moi je ralais. J’avais trop chaud sous mon cuir de motardes sur la côte d’azur. Et puis un motard en tee shirt, chemisette et claquettes nous a dépassé avec sa compagne courtement vêtue à l’arrière. Personne ne roulait vite, on était en bord de mer et il y avait du monde. Trop de monde. Une voiture a déboité sans prévenir, la moto s’est couchée et j’ai vu les traces rouges sur le bitume et entendus les cris et les pleurs … On s’est arrêté et on s’est occupé d’eux en attendant les pompiers. J’ai béni mon pote qui me répétait de garder mon équipement sur mon maillot de bain et je me suis jurée de toujours rouler avec les membres couverts d’une matière capable de résister à l’abrasion.Depuis 2000, la technologie a beaucoup évolué et de nombreuses marques proposent désormais des jeans et des blousons de toile avec des fibres en kevlar. Le cuir n’est plus la seule matière capable de vous protéger. Vous pouvez désormais rouler en sécurité sans transpirer alors … profitez en 😁A bon entendeur ✌️



